Petits cochons

Nous avons de la compagnie ! Devant notre bungalow en bois, gambade toute une bande de petits cochons noirs. Il fait plutôt lourd, et la mer n’est qu’à quelques pas. Nous avons nos maillots, nos serviettes… direction la plage !

Exit l’image de Goa la fêtarde, il n’y a pas foule sur le sable. Afters, raves et décibels se sont fait la belle. Les hippies ne sont pas de la party. En période de mousson, nous a-t-on raconté, ils ont coutume de migrer à Manali, se mettre au frais dans les montagnes du nord de l’Inde. Tant mieux. Moins il y a de foule, plus on rit. Enfin presque, puisque, depuis notre installation sur la plage, nous sommes de moins en moins seules.

Un petit groupe d’Indiens, qui n’ont délaissé ni leur chemise ni leur pantalon, vient de nous remarquer. Ils sont assis assez loin de nous, mais je jurerais qu’ils sont plus près qu’il y a cinq minutes. Des gloussements nous parviennent. Nous décidons de ne pas y prêter attention.

« On va se baigner ? », propose Catherine. Nous nous dirigeons vers le rivage, avec l’impression d’être des bêtes de foire. Maigrichonnes, les bêtes. En deux-pièces, à des lieues des canons de beauté locaux, je ne pèse pas lourd. Mon amie, elle aussi, s’est délestée de plusieurs kilos, mais elle garde des formes qui semblent fasciner nos spectateurs peu discrets.

L’eau est bonne, nous sautons dans les vagues. Soudain, Catherine déguerpit précipitamment : « Je me suis fait piquer par une méduse ! », s’écrie-t-elle en sautillant d’un pied sur l’autre et en grimaçant de douleur. D’énormes rires éclatent, venant de notre public, qui n’a rien perdu de la scène et a encore gagné du terrain. Nous entamons un repli stratégique vers notre serviette et nous nous enroulons dans notre paréo, en jetant des regards noirs et quelques imprécations inutiles vers les pouffeurs. « Ignorons-les. »

Presque sèches et relativement paisibles, nous laissons notre regard embrasser la baie. Trompeuse trêve. « Des jumelles ! Ils nous regardent avec des jumelles ! »  En effet, l’engin passe de l’un à l’autre. C’en est trop. Fin du farniente. La mine défaite, nous regagnons notre maisonnette, où s’égaillent gaiement trois petits cochons noirs.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :